Comment faire le carénage d’un bateau : étapes, coûts et conseils pour bien entretenir sa coque ?
Le carénage bateau s’impose comme un entretien à connaître absolument en tant que plaisancier. Avec le temps, des algues, des coquillages et autres salissures marines envahissent la coque immergée de votre embarcation. Ce qui impacte rapidement sa qualité de navigation.
Revenons ensemble sur les bonnes pratiques pour préserver ses performances et sa durée de vie : à quelle fréquence réaliser un carénage ? Quelles étapes à respecter ? Peut-on le faire soi-même ou obligatoirement faire appel à un professionnel ? Nous vous expliquons tout ce qu’il faut savoir pour entretenir efficacement votre coque.
Qu’est-ce que le carénage d’un bateau ?
Il consiste à nettoyer, entretenir et protéger la carène, soit la partie immergée de la coque de votre navire de plaisance. Il permet notamment d’éliminer le fouling, soit l’accumulation des micro-organismes marins qui s’y sont accrochés. Un bateau à la coque encrassée s’expose à :
- Une augmentation de sa consommation de carburant.
- Une baisse de vitesse.
- Une usure prématurée de la coque et des équipements situés sous l’eau.
Cette maintenance préventive permet aussi le contrôle de l’état général de votre embarcation. Traditionnellement, elle nécessite une mise hors d’eau du bateau, pratique pour détecter :
- d’éventuelles traces d’osmose (cloques emplies d’eau),
- de corrosion,
- ou encore des signes d’usure avancés des anodes.
En tant que plaisancier, le carénage du navire agit comme un moyen efficace de conserver un plaisir de navigation optimal, mais de garantir une sécurité à bord.
Quand et à quelle fréquence faire le carénage de son bateau ?
Généralement, les plaisanciers réalisent 1 fois par an cette action de nettoyage et de protection de la coque, avant une remise à l’eau ou au moment de l’hivernage du bateau. Cependant, cette fréquence varie selon divers facteurs :
- Le type de navigation.
- La durée d’immobilisation au port.
- La zone de navigation.
- L’utilisation en eau douce ou eau salée.
- Le type d’antifouling utilisé.
Rappel important : soyez vigilant aux signes vous alertant du besoin d’anticiper cette opération de maintenance technique comme l’observation d’une dégradation importante des performances du bateau ou une apparition anormale d’algues, par exemple.
Depuis quelques années, de nouvelles solutions émergent peu à peu pour limiter les carénages de bateaux traditionnels avec sortie d’eau. Elles s’inscrivent dans une volonté croissante de rendre l’entretien nautique plus écologique. Des entreprises comme K-REN ou Smart Fouling développent des méthodes de protection préventive ou de nettoyage directement à flot pour limiter l’impact environnemental du carénage (housses de protection, station de lavage écoresponsable pour bateaux…).
Les étapes clés du carénage bateau
Son efficacité repose sur plusieurs étapes essentielles.
Sortir le bateau de l’eau
Effectuée obligatoirement dans une aire de carénage réglementée ou dans un port équipé, cette opération délicate s’opère le plus fréquemment à l’aide d’un grutage ou d’un élévateur adapté. On place le navire sur des bers, c’est-à-dire une charpente supportant son poids durant l’opération de maintenance. Ce système permet de travailler en sécurité sur l’ensemble de la coque. Ainsi, vous pouvez minutieusement inspecter les parties immergées de votre bateau, invisibles en navigation.
Rappel important : un carénage hors des zones autorisées peut constituer une infraction au code de l’environnement (article L.216-6) et au code général de la propriété des personnes publiques (article L.2132-3), ce qui vous expose à d’éventuelles sanctions.
Nettoyer la coque
Hors d’eau, la coque se trouve facile d’accès pour un grand nettoyage à haute pression. On s’emploie alors à retirer tous les dépôts marins ayant élu domicile sur la carène du bateau, avant qu’ils ne sèchent.
Aujourd’hui, cette étape devient de plus en plus encadrée afin de limiter les rejets polluants dans l’environnement. Les résidus antifouling et les eaux de nettoyage doivent être récupérés dans des zones spécifiquement adaptées.
Dans cette logique, nous avons à cœur de sensibiliser les plaisanciers aux bonnes pratiques de carénage écoresponsable à travers les ressources mises à disposition de tous nos adhérents depuis notre plateforme : APRIL Marine Académie. Vous pourrez notamment y retrouver ce tutoriel vidéo avec les bons gestes à adopter lors de la réalisation d’un carénage bateau pour réduire votre impact, réalisé en partenariat avec Écogestes.
Ponçage et préparation
Après le nettoyage, on ponce légèrement la coque du navire pour favoriser l’adhérence du nouvel antifouling. Durant cette étape, on peut procéder aux vérifications suivantes :
- L’état du gelcoat, couche de surface protégeant notamment la structure du bateau contre l’humidité et les agressions extérieures.
- La présence ou non de fissures.
- L’apparition ou non de phénomènes d’osmose.
- La manifestation ou non de zones de corrosion.
On n’omet pas de porter des équipements de protection, pour limiter une exposition aux poussières et à des produits chimiques nocifs pour la santé.
Application de l’antifouling
La peinture antifouling vise à réduire le développement des organismes marins sur la coque. Son choix dépend de votre type de bateau, de votre fréquence de sortie et de votre zone de navigation.
Son application, quant à lui, s’effectue avec un pinceau ou un rouleau, dans le respect des temps de séchage indiqués par le fabricant. Comme évoqué précédemment, il existe des alternatives plus écoresponsables. De plus en plus de plaisanciers s’orientent d’ailleurs vers ce type de produits.
Vérifications complémentaires
Le carénage d’un bateau se révèle une opportunité de contrôle de plusieurs équipements :
- Ligne d’arbre.
- Hélice.
- Anodes.
- Passe-coques.
- Gouvernail.
L’occasion d’anticiper d’éventuelles réparations avant la remise à l’eau !
Quels produits utiliser pour le carénage du bateau ?
Antifouling : rôle et types
L’antifouling protège la coque contre l’encrassement marin. Il garantit de bonnes performances de navigation du bateau et il permet aussi aux plaisanciers de limiter leur consommation en carburant. Il existe plusieurs types d’antifouling, le plaisancier fait son choix entre plusieurs technologies selon son usage :
- Érodable : s’use progressivement au fil de la navigation. Elle évite l’accumulation de couches à poncer lors du carénage.
- Matrice dure : se révèle plus résistante que les autres formules. On la plébiscite donc plus fréquemment sur des bateaux rapides ou dans le cadre de navigation dans des zones à fort courant.
- Semi-érodable : offre une solution hybride entre les deux précédentes propositions.
Produits de nettoyage
Pour nettoyer efficacement la coque, il reste conseillé d’employer des produits spécialement conçus pour le nautisme. Optez pour des nettoyants biodégradables pour limiter l’émission de déchets polluants lors du carénage.
Outils et équipements
Le matériel le plus couramment utilisé, pour un travail efficace en sécurité, comprend :
- nettoyeur haute pression ;
- rouleaux et pinceaux ;
- ponceuse ;
- bâches de récupération ;
- équipements de protection individuelle.
Combien coûte un carénage bateau ?
Pour un bateau de plaisance, il faut généralement prévoir :
- plusieurs centaines d’euros pour un petit bateau réalisé soi-même ;
- davantage pour un voilier ou un bateau moteur confié à un chantier naval.
Il reste difficile de donner une fourchette précise de prix pour un carénage, du fait des divers critères qui influent sur son coût :
- la taille du navire ;
- le type d’antifouling ;
- les frais de manutention ;
- l’état de la coque ;
- le recours ou non à un professionnel ;
- la localisation du chantier.
Il comprend souvent :
- la sortie d’eau ;
- les produits utilisés ;
- la main-d’œuvre ;
- la place sur l’aire de carénage.
Cependant, cet entretien régulier vaut chaque centime dépensé. Il reste le meilleur moyen d’éviter des réparations lourdes et coûteuses à long terme, du fait de passer à côté d’une fragilité de votre coque.
Carénage bateau : les précautions et règles de sécurité
Cette opération d’entretien du bateau implique l’utilisation de produits chimiques et de matériels pouvant présenter certains risques. Pour information, la pratique du carénage sauvage, hors d’installations adaptées, reste formellement interdite en France. Si vous procédez vous-même au carénage, nous vous recommandons de :
- porter des équipements de protection ;
- travailler dans une zone ventilée ;
- récupérer les déchets et poussières ;
- respecter les consignes portuaires.
Les aires de carénage sont spécialement aménagées pour limiter la pollution des eaux et faciliter le traitement des résidus. Dans le cadre des écogestes plaisance, APRIL Marine met également à disposition des plaisanciers, des ressources pour des pratiques plus responsables mais aussi, de précieux conseils pour bien utiliser les points propres dans les ports via APRIL Marine Académie.
Ayez le réflexe de les consulter si vous souscrivez à une assurance plaisance chez nous !
Faire son carénage soi-même ou passer par un professionnel ?
Réaliser son carénage soi-même permet souvent de réduire les coûts et de connaître parfaitement l’état de son bateau. Cependant, cette solution convient particulièrement aux plaisanciers habitués à l’entretien nautique, expérimentés en ce domaine.
Le carénage demande :
- du temps ;
- du matériel ;
- des connaissances techniques ;
- le respect de certaines règles environnementales.
Faire appel à un professionnel apporte davantage de confort et de sécurité, notamment pour les grandes unités ou les opérations plus techniques. Votre choix dépend donc principalement de votre :
- Niveau d’expérience.
- Budget.
- Temps disponible.
Conseils d’expert pour optimiser la durée de vie de votre coque
Pour préserver durablement la coque de votre bateau :
- rincez régulièrement votre embarcation ;
- surveillez l’apparition des salissures ;
- évitez les longues périodes d’immobilisation ;
- adaptez l’antifouling à votre programme de navigation ;
- contrôlez régulièrement les équipements immergés.
Adopter un carénage bateau plus responsable permet également de protéger le milieu marin. Respect des consignes portuaires, récupération des déchets et choix de produits adaptés font aujourd’hui partie des bonnes pratiques à intégrer.